Comment la destruction des surplus d’armes au Niger affaiblit les terroristes au Sahel et au Sahara

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A Nigerien soldier destroys a heavy machine gun under a project funded by the United States. (Department of State photo)
Un soldat nigérien détruit une mitrailleuse lourde dans le cadre d’un projet financé par les États-Unis. (Photo du département d’État)

Comment la destruction des surplus d’armes au Niger affaiblit les terroristes au Sahel et au Sahara

Le Niger, pays enclavé d’Afrique de l’Ouest environ deux fois plus grand que le Texas, relie le Sahara et le Sahel, connectant l’Afrique du Nord aux pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Cette situation fait du Niger une plaque tournante du commerce depuis des milliers d’années. Aujourd’hui, les trafiquants exploitent ces routes anciennes et ces frontières régionales poreuses pour transporter des armes et des munitions vers plusieurs organisations terroristes opérant en Afrique du Nord et de l’Ouest.

Dans le cadre du programme de destruction des armes conventionnelles (ou DAC) des États-Unis, le département d’État aide les forces de sécurité nigériennes à sécuriser et à gérer leurs stocks pour prévenir le vol. Depuis 2015, le programme DAC apporte son soutien à un partenaire de mise en œuvre, Humanity & Inclusion, en fournissant une infrastructure de destruction d’armes sur deux sites pour les forces armées nigériennes et sur un troisième site pour la garde nationale. Les militaires remplacent régulièrement leurs armes, mais s’ils ne peuvent pas détruire les armes retirées, elles peuvent devenir une cible parfaite de détournement. Dans les pays où l’espace de stockage sécurisé est très limité, les surplus d’armes deviennent un fardeau logistique et sont souvent stockés dans des conditions vulnérables ou négligées.

En août, j’ai visité l’un de ces sites à Niamey pour voir en personne la façon dont les forces armées nigériennes l’utilisaient. Dans l’angle d’un entrepôt rempli de caisses d’armes excédentaires, le second adjudant-chef Issaka Boureina nous a montré les équipements de découpe des armes, à savoir une cisaille hydraulique et une scie circulaire, puis son équipe nous a fait une démonstration du processus de destruction.

Portant des tabliers de protection, des casques, des lunettes de protection et des protections auditives, l’équipe a immédiatement versé dans ce qui était clairement une routine professionnelle et bien établie. Une ligne s’est formée pour passer chaque arme à un soldat qui lisait le numéro de série à M. Boureina, afin qu’il le consigne dans un registre. L’opérateur de la machine a ensuite découpé soigneusement chaque arme en au moins trois parties, en veillant à ce que les déchets ne puissent être utilisés pour assembler ou réparer une autre arme.

Un soldat nigérien utilise la cisaille hydraulique offerte par les États-Unis pour découper une arme déclassée. (Vidéo du département d’État)

Le processus a demandé beaucoup de main-d’œuvre. À un moment donné, l’opérateur de la scie circulaire a commencé à découper une mitrailleuse lourde DShK de calibre .50 (12,7 mm). Surnommée « Douchka », un mot russe signifiant « ma chère » ou « bien-aimée », la mitrailleuse est largement utilisée dans le monde entier et se monte facilement sur des camionnettes. Il a fallu beaucoup plus de temps et de nombreuses pauses pour repositionner la mitrailleuse afin que la scie puisse tailler l’épais canon. En dépit des efforts considérables requis, les forces armées nigériennes ont utilisé l’espace pour détruire plus de 5 000 armes excédentaires et obsolètes.

Depuis 2015, les États-Unis ont fourni plus de 4 millions de dollars pour les activités du DAC au Niger. Par le biais de Humanity and Inclusion, le programme DAC a permis la destruction de plus de 15 tonnes de munitions et financé la construction ou la remise à neuf de 26 armureries et magasins de munitions afin de mieux protéger les stocks du gouvernement. En outre, le programme DAC a renforcé la capacité du gouvernement du Niger à gérer et à sécuriser ses propres stocks en formant des magasiniers et en fournissant une assistance technique à la Commission nationale nigérienne pour la collecte et le contrôle des armes illicites.

Les États-Unis ont construit cette armurerie pour les forces armées nigériennes en 2017. (Photo du département d’État)

Pour en savoir plus sur les actions de destruction des armes conventionnelles déployées par les États-Unis dans le monde, consultez notre rapport annuel, To Walk the Earth in Safety et suivez-nous sur Twitter @StateDeptPM. Vous pouvez également suivre Humanity & Inclusion à @HI_UnitedStates.

À propos de l’auteur : Michael Tirre travaille au Bureau de l’élimination et de la réduction des armes, qui dépend du Bureau chargé des Affaires politiques et militaires du département d’État des États-Unis.

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi. How Destroying Excess Weapons in Niger Weakens Terrorists in the Sahel and Sahara