Confronter l’Iran : la stratégie de l’administration Trump

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Secretary of State Michael R. Pompeo delivers remarks at the United Against Nuclear Iran Summit in New York City on September 25, 2018.
Le secrétaire d’Etat Michael Pompeo au Sommet « Unis contre un Iran nucléaire » à New York, le 25 septembre 2018

Confronter l’Iran : la stratégie de l’administration Trump

La fin de la guerre froide a contraint les décideurs et les analystes à réfléchir de nouveau aux principaux défis de sécurité nationale des États-Unis. L’émergence d’Al-Qaïda, des cybercriminels et d’autres entités dangereuses a confirmé la menace présentée par des acteurs non étatiques. Mais la résurgence de régimes hors-la-loi — des États voyous qui défient les normes internationales, ne respectent pas les droits de l’homme et les libertés fondamentales et portent atteinte à la sécurité du peuple américain, des alliés et partenaires des États-Unis et du reste du monde — n’en est pas moins déconcertante.

Parmi ces régimes hors-la-loi, les plus notables sont la Corée du Nord et l’Iran. Ils ne cessent de faire obstacle à la paix internationale, mais la mise en œuvre de programmes d’armes nucléaires en violation des interdictions internationales depuis des dizaines d’années par ces deux pays est particulièrement notoire. Malgré tous les efforts diplomatiques de Washington, Pyongyang n’a cessé de duper les leaders américains depuis l’administration de George H. W. Bush avec une série d’accords de contrôle des armements que la Corée du Nord a tous bafoués. Les programmes d’armes nucléaires et de missiles balistiques de ce pays se sont poursuivis sans ralentir de sorte qu’après l’élection de Donald Trump, le président Barack Obama lui a dit qu’il s’agirait de son plus grand défi en matière de sécurité nationale. De même avec l’Iran, l’accord conclu en 2015 par le gouvernement Obama — le Plan d’action global conjoint, ou JCPOA — n’a pas permis de mettre fin aux ambitions nucléaires du pays. En fait, comme l’Iran savait que l’administration Obama donnerait la priorité à la préservation de l’accord sur tout autre objectif, le JCPOA a donné au régime un sentiment d’impunité, qui lui a permis d’intensifier ses activités malveillantes. L’accord a également permis à Téhéran de bénéficier de financements considérables, que le chef suprême a utilisés pour parrainer tous les types de terrorisme dans tout le Moyen-Orient (avec peu de conséquences en retour), et qui ont dopé l’économie d’un régime toujours résolu à exporter sa révolution à l’étranger et à l’imposer sur son territoire.

Le fait que les menaces de la Corée du Nord et de l’Iran se soient multipliées au lendemain de la guerre en Iraq a encore compliqué la question de la détermination des meilleurs moyens pour y faire face. Les Américains sont à juste titre sceptiques quant aux coûts d’un engagement militaire prolongé au nom de la protection contre les armes de destruction massive. Au vu des difficultés récentes de l’Iraq et de l’inefficacité des accords antérieurs visant à limiter les menaces de la Corée du Nord et de l’Iran pour empêcher ces régimes récalcitrants de nuire, il est nécessaire d’adopter de nouveaux paradigmes diplomatiques.

C’est alors qu’entre en scène le président Trump. L’establishment de Washington a beau s’offusquer de son style en matière de dialogue international, sa diplomatie s’appuie sur une approche délibérée qui permet aux États-Unis de bénéficier d’un rapport de force favorable face aux régimes hors-la-loi.

La doctrine Trump

Tant en campagne que dans le cadre de ses fonctions, le président Trump n’a laissé aucun doute quant à la nécessité d’un leadership américain audacieux qui donne la priorité aux intérêts de la sécurité des États-Unis. Ce principe de bon sens prend le contrepied de l’attitude préconisée par l’administration Obama qui consistait à « diriger en arrière-plan », une stratégie « accommodationniste » qui indiquait à tort un recul de la puissance et de l’influence américaines. Cette stratégie n’a fait qu’amplifier la menace de la Corée du Nord. Au mieux, la direction en arrière-plan n’a servi qu’à retarder les velléités d’acquisition d’une force de frappe nucléaire par l’Iran, tout en permettant la propagation de l’influence malfaisante de la République islamique et de la menace terroriste.

Aujourd’hui, la Corée du Nord et l’Iran ont tous deux été avisés que les États-Unis ne permettraient pas que l’on laisse libre cours à leurs activités déstabilisatrices. La campagne de pression multinationale agressive que les États-Unis ont menée à l’encontre de la Corée du Nord, ainsi que les déclarations claires et sans équivoque du président, selon lesquelles les États-Unis défendront avec force leurs intérêts vitaux si nécessaire, ont mis en place les conditions des négociations qui ont abouti au sommet entre les présidents Trump et Kim Jong Un à Singapour en juin dernier. C’est là que le président Kim s’est engagé à mener à bien la dénucléarisation définitive et pleinement vérifiée de la Corée du Nord. La Corée du Nord a pris des engagements similaires dans le passé, mais il s’agissait pour la première fois d’un engagement personnel d’un leader à l’autre en matière de dénucléarisation. Cela peut ou non signifier un changement stratégique majeur de la part du président Kim, et il reste encore beaucoup à faire pour évaluer ses intentions et faire en sorte que son engagement se concrétise. Mais l’approche du président Trump a ouvert la voie à une résolution pacifique d’une question de sécurité nationale vitale qui frustrait depuis longtemps les leaders politiques. Le président, notre représentant spécial pour la Corée du Nord (Stephen Biegun), et moi-même, continuerons de travailler avec lucidité pour saisir cette opportunité.

De même, avec l’Iran, l’administration Trump met en œuvre une campagne de « pression maximale » visant à assécher les sources de revenus auxquelles le régime — et en particulier le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), un corps de l’armée iranienne directement sous les ordres du chef suprême — a recours pour financer la violence par le biais du Hezbollah au Liban, du Hamas dans les territoires palestiniens, du régime Assad en Syrie, des rebelles houthis au Yémen, des milices chiites en Iraq et de ses propres agents qui complotent secrètement dans le monde entier.

Pourtant, le président Trump ne souhaite pas une autre intervention militaire américaine de longue durée au Moyen-Orient — ou dans toute autre région du monde. Il a parlé ouvertement des terribles conséquences de l’invasion de l’Iraq en 2003 et de l’intervention de 2011 en Libye. Les critiques peuvent jouer sur les craintes que cette administration provoque l’entrée en guerre des États-Unis, mais il est clair que les Américains ont un président qui, sans avoir peur d’avoir recours à la puissance militaire (demandez simplement à Daech, aux Talibans ou au régime Assad), n’est pas non plus particulièrement désireux de le faire. Une force militaire écrasante servira toujours de protection pour le peuple américain, mais cela ne devrait pas être la première option.

La disposition du président à parler aux adversaires les plus acharnés des États-Unis est un autre aspect important de sa diplomatie. Comme il l’a dit en juillet, « la diplomatie et le dialogue sont préférables aux conflits et à l’hostilité ». Prenez son approche envers la Corée du Nord : sa diplomatie avec le président Kim a dissipé des tensions qui s’aggravaient de jour en jour.

Non seulement le président est-il disposé à dialoguer, mais son aversion instinctive aux mauvaises affaires et sa compréhension de l’importance de l’effet de levier dans toute négociation lui permettent d’éviter des accords profondément contre-productifs tels que le JCPOA. Il est prêt à conclure des accords avec les rivaux des États-Unis, mais il n’hésite pas non plus à renoncer à des négociations qui n’aboutissent pas à un résultat favorable aux intérêts des États-Unis. Cette approche est diamétralement opposée à celle adoptée par le gouvernement Obama à l’égard du JCPOA, dans laquelle l’accord lui-même devient un objectif à atteindre à tout prix.

S’agissant d’un accord futur potentiel avec la Corée du Nord, supérieur au JCPOA, nous avons décrit notre objectif comme « la dénucléarisation définitive et pleinement vérifiée de la péninsule coréenne, comme en a convenu le président Kim Jong Un ». Par « définitive », en entend qu’il est impossible que la Corée du Nord relance jamais ses programmes d’armes de destruction massive et ses programmes de missiles balistiques — ce qui ne faisait pas partie des dispositions du JCPOA pour l’Iran. « Entièrement vérifiée » signifie que les normes de vérification seront plus strictes que celles requises par le JCPOA, qui, entre autres faiblesses, n’exigeait pas d’inspections des principales installations militaires iraniennes. Les contours exacts d’un accord avec la Corée du Nord restent à négocier, mais le caractère « définitif » et « entièrement vérifié » est un élément central sur lequel nous ne ferons aucun compromis.

La menace iranienne

L’attachement du président Trump à la sécurité du peuple américain, conjugué à son aversion pour le recours inutile à la force militaire et à sa disposition à dialoguer avec ses adversaires, a permis de définir un nouveau cadre de lutte contre les régimes hors-la-loi. Et aujourd’hui, aucun régime ne correspond plus à cette définition que l’Iran. C’est le cas depuis 1979, lorsqu’un groupe relativement restreint de révolutionnaires islamiques a pris le pouvoir. La mentalité révolutionnaire du régime a toujours motivé ses actions depuis lors. En fait, peu après sa fondation, le CGRI a créé la Force Al-Qods, son unité des forces spéciales d’élite, à laquelle il a confié l’exportation de la révolution à l’étranger. Depuis lors, les responsables du régime ont subordonné toutes les autres responsabilités nationales et internationales, y compris leurs obligations vis-à-vis du peuple iranien, à la révolution.

En conséquence, au cours des quarante années passées, le régime a semé la destruction et l’instabilité, et ces agissements répréhensibles n’ont pas pris fin avec le JCPOA. L’accord n’empêche pas de façon permanente l’Iran de se doter d’une arme nucléaire. En effet, la déclaration faite en avril par le haut responsable nucléaire iranien selon laquelle le pays pourrait relancer son programme nucléaire en quelques jours laisse à penser qu’il n’a peut-être pas beaucoup retardé ce programme. L’accord n’a pas non plus réduit les activités violentes et déstabilisatrices de l’Iran en Afghanistan, en Iraq, au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza. L’Iran fournit toujours aux Houthis des missiles qui visent l’Arabie saoudite, soutient les attaques du Hamas contre Israël et recrute des jeune Afghans, Iraquiens et Pakistanais impressionnables pour aller mourir au combat en Syrie. Grâce aux subventions iraniennes, le combattant libanais moyen du Hezbollah gagne deux à trois fois le salaire mensuel d’un pompier de Téhéran.

En mai 2018, le président Trump s’est retiré de l’accord sur le nucléaire car il ne protégeait manifestement pas les intérêts de la sécurité nationale des États-Unis, ni ceux de nos alliés et partenaires, et ne conduisait pas l’Iran à se comporter comme un pays normal. En juillet, un diplomate iranien basé à Vienne a été arrêté pour avoir fourni des explosifs à des terroristes qui entendaient commettre un attentat à la bombe lors d’un rassemblement politique en France. Il est révélateur que, alors que les dirigeants iraniens tentent de convaincre l’Europe de rester dans l’accord nucléaire, ils préparent secrètement des attentats terroristes au cœur du continent. Toutes ces actions de l’Iran ont transformé le pays en paria, au grand désespoir de son propre peuple.

La campagne de pression

Pour remplacer l’accord nucléaire iranien, le président Trump a lancé une campagne de pression à plusieurs volets. Son premier composant porte sur les sanctions économiques. Le président a conscience du pouvoir des sanctions pour faire pression sur le régime à un faible coût d’opportunité pour les États-Unis. Sous l’administration Trump, les États-Unis ont imposé 17 séries de sanctions liées à l’Iran, visant 147 personnes physiques et morales liées à l’Iran.

Le but de ces sanctions agressives est de forcer le régime iranien à faire un choix: renoncer aux politiques à l’origine de l’application de ces mesures ou persister sur la même voie. La décision de l’Iran de poursuivre ses activités destructrices a déjà eu de graves conséquences économiques, encore exacerbées par la mauvaise gestion flagrante des responsables uniquement motivés par leurs propres intérêts. L’ingérence considérable du CGRI dans l’économie, sous prétexte de privatisation, dissuade les activités commerciales avec l’Iran, et les investisseurs étrangers ne savent jamais s’ils facilitent le commerce ou le terrorisme. Au lieu d’utiliser les richesses générées par le JCPOA pour améliorer le bien-être matériel du peuple iranien, le régime les a consommées de manière parasitaire et a dépensé des milliards en subventions à l’intention de dictateurs, terroristes et milices malfaisantes. Il est naturel que les Iraniens soient frustrés. Le cours du rial s’est effondré au cours de l’année passée. Un tiers de la jeunesse iranienne est au chômage. Les salaires impayés mènent à des grèves généralisées. Les pénuries de carburant et d’eau sont courantes.

Cette situation est le seul fait du régime. L’élite iranienne se livre au racket et à la corruption au même titre que la mafia. Il y a deux ans, c’est à juste titre que les Iraniens ont donné libre cours à leur colère après la fuite de talons de chèque de salaire montrant que des sommes énormes étaient versées inexplicablement sur les comptes bancaires de hauts responsables du gouvernement. Pendant des années, sous le couvert de la religion, le clergé et les hauts responsables ont dépouillé le peuple iranien. Aujourd’hui, les manifestants scandent à l’intention du régime : « Vous nous avez pillés au nom de la religion ». Selon le journal londonien Kayhan, l’ayatollah Sadeq Larijani, à la tête du pouvoir judiciaire iranien, que les États-Unis ont sanctionné cette année pour violations des droits humains, a amassé une fortune d’au moins 300 millions de dollars grâce au détournement de fonds publics. Nasser Makarem Shirazi, un haut ayatollah, vaut également plusieurs millions de dollars. Les pressions qu’il a exercées sur le gouvernement iranien pour qu’il réduise les subventions accordées aux producteurs de sucre nationaux tout en inondant le marché de son propre sucre importé, plus onéreux, lui ont valu le surnom de « sultan du sucre ». Ce type d’activité met les Iraniens ordinaires au chômage. L’ayatollah Mohammad Emami Kashani, l’un des dirigeants de la prière du vendredi à Téhéran au cours des 30 dernières années, a fait en sorte que le gouvernement transfère la propriété de plusieurs mines lucratives à sa fondation personnelle. Sa fortune se monte également à plusieurs millions. La corruption va jusqu’au sommet de l’État. Le chef suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a son propre fonds spéculatif non officiel appelé Setad, d’une valeur de 95 milliards de dollars. Cette richesse non imposée et mal acquise, souvent obtenue en expropriant les biens des minorités politiques et religieuses, est utilisée comme une caisse noire au bénéfice du CGRI. En d’autres termes, le plus haut membre du clergé d’Iran dirige des activités de pillage dignes des hommes forts du tiers monde.

La cupidité du régime a creusé un fossé entre le peuple iranien et ses dirigeants, de sorte qu’il est plus difficile pour les responsables de convaincre de manière crédible les jeunes Iraniens de constituer l’avant-garde de la prochaine génération de la révolution. Les ayatollahs théocratiques peuvent prêcher jour et nuit « Mort à Israël » et « Mort à l’Amérique », mais ils ne peuvent masquer leur grossière hypocrisie. Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, est diplômé de la San Francisco State University et de l’Université de Denver. Ali Akbar Velayati, haut conseiller du chef suprême, a étudié à la Johns Hopkins University. Khamenei lui-même se déplace dans une BMW avec chauffeur, alors même qu’il appelle le peuple iranien à acheter des produits fabriqués en Iran. C’est le même phénomène que ce que l’on a observé en Union soviétique dans les années 1970 et 1980, lorsque l’esprit de 1917 a commencé à sonner creux du fait de l’hypocrisie de ses partisans. Le Politburo ne pouvait plus de manière crédible dire aux citoyens soviétiques d’adhérer au communisme quand des responsables soviétiques vendaient eux-mêmes des blue-jeans de contrebande et des disques des Beatles au marché noir.

Les dirigeants iraniens, en particulier au sommet de la hiérarchie du CGRI, tels que Qasem Soleimani, chef de la Force Al-Qods, doivent pâtir des conséquences pénibles de leur violence et de leur corruption. Étant donné que le régime est contrôlé par un désir d’enrichissement personnel et une idéologie révolutionnaire dont il ne s’écartera pas facilement, les sanctions doivent être sévères si l’on entend changer des habitudes enracinées. C’est la raison pour laquelle l’administration Trump réintroduit les sanctions américaines levées ou suspendues dans le cadre de l’accord nucléaire. Les premières de ces sanctions sont entrées en vigueur le 7 août et les autres le 5 novembre. Nous entendons faire en sorte que les importations mondiales de pétrole brut iranien soient aussi proches que possible de zéro d’ici le 4 novembre. Dans le cadre de notre campagne pour assécher les sources de financement du terrorisme par le régime, nous avons également travaillé avec les Émirats arabes unis pour perturber un réseau de change de devises qui transférait des millions de dollars aux Forces Al-Qods. Les États-Unis demandent à tous les pays qui sont las du comportement destructeur de la République islamique de prendre la défense du peuple iranien et de s’associer à notre campagne de pression. Nos efforts seront dirigés avec compétence par notre nouveau représentant spécial pour l’Iran, Brian Hook.

La pression économique n’est qu’un volet de la campagne des États-Unis. La dissuasion en est un autre. Le président Trump est partisan de mesures claires pour décourager l’Iran de reprendre son programme nucléaire ou de poursuivre ses autres activités malveillantes. Avec l’Iran et d’autres pays, il a clairement fait savoir qu’il ne tolérerait pas les tentatives d’intimidation des États-Unis. Il ripostera si la sécurité du pays est menacée. C’est cette pression qui a contraint le président Kim à se rendre à Singapour. Les communications publiques du président constituent elles-mêmes un mécanisme de dissuasion. Le tweet en majuscules qu’il a adressé au président iranien Hassan Rouhani en juillet, et dans lequel il enjoignait l’Iran à cesser de menacer les États-Unis, répondait aux impératifs d’un calcul stratégique : le régime iranien a conscience de la puissance militaire des États-Unis et la craint. En septembre, des milices en Iraq ont ​​perpétré des attaques à la roquette potentiellement létales à l’encontre de l’ambassade américaine à Bagdad et du consulat des États-Unis à Bassorah. L’Iran n’a pas fait obstacle à ces attaques qui étaient le fait de mandataires qu’il finançait, entraînait et auxquels il fournissait des armes. Les États-Unis considéreront le régime de Téhéran comme responsable de toute attaque entraînant des blessures à notre personnel ou des dommages à nos installations. L’Amérique répondra rapidement et résolument pour défendre des vies américaines.

Nous ne voulons pas la guerre. Mais nous devons faire en sorte qu’il ne fasse aucun doute que l’escalade est vouée à l’échec pour l’Iran. La République islamique ne peut rivaliser avec la puissance militaire des États-Unis et nous ne craignons pas de le faire savoir aux dirigeants iraniens.

Dénonciation de l’Iran

L’engagement à dénoncer la brutalité du régime de l’Iran est un autre élément essentiel de la campagne de pression des États-Unis à l’encontre de ce pays. Les régimes autoritaires hors-la-loi ne craignent rien de plus que l’exposition au grand jour de leur véritable nature. L’administration Trump continuera à révéler les sources de revenus illicites du régime, ses activités perverses, ses abus d’informations privilégiées à des fins de corruption, et son oppression sauvage. Le peuple iranien lui-même mérite de connaître le niveau grotesque d’intérêt personnel qui motive les actions du régime. Khamenei et ses semblables ne pourraient tolérer l’indignation nationale et internationale qui s’ensuivrait si toutes leurs activités étaient exposées au grand jour. Depuis l’année dernière, des manifestants descendent dans la rue pour dire : « Quittez la Syrie, pensez à nous ! » et « le peuple est pauvre, alors que les mollahs vivent comme des dieux ! ». Les États-Unis sont solidaires avec le peuple iranien.

Le président américain Ronald Reagan avait compris le pouvoir de la dénonciation lorsqu’il a qualifié l’Union soviétique « d’empire diabolique ». En mettant en lumière les exactions commises par le régime, il s’engageait en faveur de la solidarité avec un peuple qui a longtemps souffert sous un régime communiste. C’est également pour le peuple iranien que le gouvernement Trump n’a pas craint de dénoncer la répression intérieure impitoyable du régime. Le régime est tellement attaché à certains principes idéologiques — notamment l’exportation de la révolution islamique par la guerre par procuration et la subversion d’autres pays à majorité musulmane, une opposition implacable à Israël et aux États-Unis et de stricts contrôles sociaux qui restreignent les droits des femmes — qu’il ne peut supporter aucune idée concurrente. Ainsi, il nie à son peuple depuis plusieurs dizaines d’années les droits humains, la dignité et les libertés fondamentales. C’est pour cela qu’en mai par exemple, la police iranienne a arrêté Maedeh Hojabri, une gymnaste adolescente, pour avoir publié une vidéo où elle danse sur Instagram.

La vision des femmes du régime est particulièrement rétrograde. Depuis la révolution, les femmes sont contraintes de porter le hijab et les forces de l’ordre et la police de la moralité du gouvernement les frappent dans la rue et arrêtent celles qui refusent de se soumettre à cette règle. Les récentes manifestations contre cette politique sur les vêtements féminins montrent qu’elle a échoué et Khamenei en a sans aucun doute conscience. Pourtant, en juillet, une militante a été condamnée à 20 ans de prison pour avoir enlevé son hijab.

Le régime arrête également régulièrement des membres des minorités religieuses ou ethniques, y compris des bahaïs, des chrétiens et des derviches gonabadi lorsqu’ils défendent leurs droits. Un nombre incalculable d’Iraniens sont torturés et meurent dans la prison d’Evine, un lieu tout aussi accueillant que le sous-sol de la Loubianka, le siège redouté du KGB. Parmi les personnes emprisonnées figurent plusieurs Américains innocents détenus sur la base de fausses accusations, victimes du recours à la prise d’otages par le régime comme outil de politique étrangère.

Depuis décembre dernier, des manifestants ont commencé à descendre dans les rues de Téhéran, Karaj, Ispahan, Arak et de nombreuses autres villes, pour réclamer pacifiquement une vie meilleure. En réponse, le régime a fêté le nouvel an en janvier avec l’arrestation arbitraire de jusqu’à 5 000 d’entre eux. Des centaines de personnes seraient toujours derrière les barreaux et plus d’une douzaine seraient mortes aux mains de leur propre gouvernement. Les dirigeants parlent cyniquement de suicides.

Ce sont les principes qui sont au cœur de l’identité des États-Unis qui nous dictent la dénonciation de ces abus. Comme le président Reagan l’a déclaré dans un discours prononcé à l’Université d’État de Moscou en 1988 : « La liberté, c’est la reconnaissance du fait qu’aucune personne, aucun pouvoir ni aucun gouvernement n’a le monopole de la vérité, mais que chaque vie est infiniment précieuse, que chacun de nous a été mis sur cette terre pour une bonne raison et a quelque chose à offrir ». En mai, l’administration Trump a énuméré 12 domaines dans lesquels l’Iran doit progresser avant d’envisager une évolution de nos relations, dont l’arrêt total de ses activités d’enrichissement d’uranium, un compte rendu complet des dimensions militaires de son programme nucléaire antérieur, la fin de sa prolifération de missiles balistiques et de ses lancements provocateurs, la libération des citoyens américains emprisonnés, la cessation de son soutien au terrorisme, etc.

Le président Trump a dit sans aucune ambiguïté que la pression ne ferait qu’augmenter si l’Iran ne respecte pas les normes que les États-Unis et leurs partenaires et alliés — ainsi que le peuple iranien — souhaitent voir. C’est pourquoi Washington demande également à Téhéran d’apporter des améliorations substantielles au niveau des droits de l’homme. Comme le président l’a toujours dit, il reste ouvert aux discussions. Mais, comme dans le cas de la Corée du Nord, les États-Unis poursuivront leur campagne de pression jusqu’à ce que l’Iran fasse la preuve de changements tangibles et durables dans ses politiques. Si l’Iran procède à ces changements, la possibilité d’un nouvel accord global sera considérablement accrue. Nous pensons qu’un accord avec le régime est possible. En l’absence de celui-ci, l’Iran devra assumer des coûts croissants pour toutes ses activités inconscientes et violentes dans le monde.

Le président Trump préfère ne pas mener cette campagne seul. Il veut compter avec l’adhésion des alliés et des partenaires des États-Unis. En effet, d’autres pays ont déjà la même vision de la menace que représente l’Iran au-delà de ses aspirations nucléaires. Le président français Emmanuel Macron a déclaré : « Il est important de continuer à faire preuve de fermeté avec l’Iran face à ses activités régionales et son programme balistique ». La Première ministre britannique Theresa May a déclaré qu’elle était « lucide face à la menace que représente l’Iran pour le Golfe et le Moyen-Orient au sens large ». Cet accord généralisé sur la menace iranienne ne laisse aux pays aucune possibilité d’ambivalence quant à l’adhésion à l’effort mondial pour changer le comportement de l’Iran, un effort d’envergure considérable et croissante.

Le pouvoir de la clarté morale

Le président Trump a hérité d’un monde aussi dangereux que celui des États-Unis à la veille de la Première Guerre mondiale, juste avant la Seconde Guerre mondiale, ou encore au plus fort de la guerre froide. Mais son audace perturbatrice, d’abord sur la Corée du Nord et maintenant sur l’Iran, a montré les progrès qui peuvent être accomplis lorsque l’on associe clarté de conviction et insistance sur la non-prolifération nucléaire et de solides alliances. Les actions du président Trump dans la lutte contre les régimes hors-la-loi découlent de la conviction que la confrontation morale mène à la conciliation diplomatique.

C’était là le schéma directeur de l’un des plus grands triomphes de la politique étrangère du siècle dernier : la victoire américaine dans la guerre froide. Au cours de la première semaine de sa présidence, le président Reagan décrivait les dirigeants soviétiques en ces termes : « La seule morale qu’ils reconnaissent est ce qui fera avancer leur cause, ce qui signifie qu’ils se réservent le droit de commettre n’importe quel crime, de mentir, de tricher ». Les analystes de politique étrangère ont critiqué ses propos, estimant que leur franchise entraverait le progrès vers la paix. Mais le président a également insisté sur l’engagement à négocier avec les Soviétiques, un fait largement ignoré. L’association de la clarté morale et du discernement diplomatique du président Reagan a jeté les bases des pourparlers de 1986 à Reykjavik et permis, plus tard, la chute du communisme soviétique lui-même.

Ceux qui adhèrent à la même conviction totémique immuable selon laquelle la franchise fait obstacle aux négociations doivent prendre acte de l’effet passé et actuel des pressions rhétoriques et pratiques ciblées sur les régimes hors-la-loi. Alors que le rythme du déclin de l’économie iranienne et les manifestations s’intensifient, il doit être clair pour les dirigeants iraniens que les négociations sont la meilleure voie à suivre.

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi. Confronting Iran: The Trump Administration’s Strategy