L’entraînement conjoint américano-indien vient renforcer les missions de maintien de la paix en Afrique

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U.S. Ambassador Kenneth Juster and Secretary Ruchi Ghanashyam, of the Indian Ministry of External Affairs meet with African officers attending UNPCAP III and the Indian and U.S. course instructors. ( U.S. Embassy New Delhi photo)
L’ambassadeur des Etats-Unis M. Juster et la secrétaire du ministère des Affaires extérieures de l’Inde Ruchi Ghanashyam rencontrent des officiers africains participant à UNPCAP-III ainsi que des instructeurs indiens et américains.

L’entraînement conjoint américano-indien vient renforcer les missions de maintien de la paix en Afrique

Le lundi 7 mai, l’ambassadeur des États-Unis en Inde, Kenneth I. Juster, s’est exprimé lors de l’inauguration de la 3e édition de la formation annuelle en maintien de la paix de l’ONU pour les partenaires africains (UNPCAP-III), une initiative commune des États-Unis et de l’Inde qui vise à renforcer et améliorer la capacité des pays africains contribuant aux opérations militaires et policières à participer aux opérations de maintien de la paix, qu’elles soient régionales ou de l’ONU. Il était accompagné de la secrétaire du ministère des Affaires extérieures de l’Inde, Ruchi Ghanashyam. La UNPCAP-III a lieu à New Delhi, en Inde, du 7 au 25 mai.

Cette nouvelle édition de la UNPCAP permettra de former 37 responsables du maintien de la paix, issus de 17 pays africains (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Tchad, Djibouti, Éthiopie, Ghana, Guinée, Malawi, Niger, Sénégal, Sierra Leone, Tanzanie, Togo, Ouganda et Zambie) au Centre de maintien de la paix des Nations unies (CUNPK) de New Delhi.

Des participants à un briefing, durant UNPCAP-III (crédit photo : ambassade des USA à New Delhi)

La formation est dispensée conjointement par des instructeurs américains et indiens, sur un modèle de « formation de formateurs », de sorte que les personnes ayant bénéficié du cours puissent ensuite rentrer dans leur pays où elles formeront de futurs agents de maintien de la paix. Tous les participants ont une expérience préalable du maintien de la paix, ce qui joue en faveur de la façon dont le cours est dispensé, sous forme d’un séminaire, et encourage l’échange d’idées et d’expériences, y compris entre instructeurs et participants.

L’UNPCAP-III est la première édition qui prévoit une interprétation simultanée en français, plus de la moitié des participants venant de pays francophones. Le cours comprend des modules de formation des Nations unies destinés à se préparer au déploiement, notamment sur la planification opérationnelle et logistique, les opérations humanitaires, le code de conduite en matière d’exploitation et d’abus sexuels, la protection des femmes, enfants et autres populations civiles vulnérables, et enfin divers exercices théoriques et de simulation. La formation met également l’accent sur la tendance croissante qui veut institutionnaliser une culture de la performance, en enseignant aux responsables à évaluer les performances des unités placées sous leur commandement. Deux officiers africains qui sont passés par l’UNPCAP-II, l’édition précédente de la formation, feront également partie de l’équipe d’instructeurs.

L’ambassadeur Juster s’exprime à la cérémonie d’ouverture de l’UNPCAP-III (crédit photo : ambassade des USA à New Delhi)

Lors de la cérémonie d’ouverture, l’allocution de l’ambassadeur des États-Unis, M. Juster, a insisté à la fois sur la contribution historique de l’Inde aux missions de maintien de la paix de l’ONU — ce sont plus de 180 000 soldats et policiers qui ont servi dans le cadre de 49 missions (sur 69) de maintien de la paix de l’ONU, la plupart en Afrique — et sur l’importance de notre coopération actuelle avec l’Inde et avec nos partenaires africains via des programmes tels que l’UNPCAP-III. L’ambassadeur a reconnu les défis grandissants qui attendent aujourd’hui les troupes de maintien de la paix. Deux tiers des opérations de maintien de la paix de l’ONU se déroulent actuellement dans des zones de conflit ouvert — une proportion qui n’a jamais été aussi élevée. Il a également fait remarquer que pour être à la hauteur du défi que représentent les États dits « en faillite » et les éléments extrémistes qui comblent le vide créé par l’instabilité, il fallait que les forces de maintien de la paix, militaires et policières, fonctionnent à leur plus haut degré d’efficacité opérationnelle — ce qui implique que la communauté internationale mette en place des forces de maintien de la paix qui soient fortes et compétentes.

L’ambassadeur a souligné l’importance des cours de formation tels que l’UNPCAP-III, qui sont des outils fondamentaux permettant aux pays contributeurs de travailler ensemble et d’échanger leurs meilleures pratiques, au sein d’un réseau d’agents du maintien de la paix et de formateurs. Les formateurs expérimentés peuvent aider à injecter une culture de la performance au service de l’efficacité lors des missions et d’un leadership solide. Le fait qu’aussi bien des policiers que des militaires prennent part à l’UNPCAP-III montre bien l’importance d’échanger des idées et de partager des expériences entre ces différentes composantes des missions, afin de les rendre plus efficaces. L’ambassadeur M. Juster a également remercié les 18 pays africains représentés dans l’assistance, notant les contributions significatives qu’ils apportent aux huit missions de maintien de la paix qui se déroulent actuellement en Afrique.

L’ambassadeur Juster avec 3 instructeurs et 2 participants à UNPCAP-III (crédit photo : ambassade des USA à New Delhi)

Les États-Unis sont le premier pays contributeur aux missions de maintien de la paix de l’ONU ainsi que le premier acteur dans le domaine du renforcement de compétences. Le bureau chargé des Affaires politiques et militaires du département d’État gère les deux principaux programmes américains d’assistance à la sécurité, qui mettent l’accent sur le renforcement des compétences des troupes internationales de maintien de la paix : la Global Peace Operations Initiative (GPOI) et le African Peacekeeping Rapid Response Partnership (APRRP). Ces deux programmes sont développés en partenariat étroit avec le département de la Défense.

Le financement de la GPOI appuie les séquences de formation de l’UNPCAP et représente un investissement international conséquent pour les États-Unis, destiné à renforcer les capacités des pays qui contribuent au maintien de la paix. Les 53 pays partenaires de la GPOI aident à répondre à la demande mondiale croissante en agents de maintien de la paix, et notamment à la nécessité d’enrôler davantage de femmes. Les pays partenaires de la GPOI ont augmenté de 165 % le nombre de militaires déployés dans les opérations de paix de l’ONU et de l’Union africaine (UA) depuis qu’ils sont devenus partenaires. Ils ont également augmenté de 66 % le nombre de femmes servant dans les troupes de maintien de la paix de l’ONU depuis 2010.

À travers des initiatives telles que l’UNPCAP-III, les États-Unis, l’Inde, et les nations africaines travaillent tous ensemble pour répondre à la demande croissante en troupes de maintien de la paix bien entraînées, capables de remplir les exigences des missions en pleine évolution et de faire progresser la cause de la paix et de la sécurité.

À propos de l’auteur : Andrew Strike est spécialiste des affaires publiques au bureau des Affaires parlementaires et publiques, au sein du bureau chargé des Affaires politiques et militaires du département d’Etat.