Regarder Black Panther au Togo

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English ACCESS students pose for a photo at the launch event for a new comic book.
Des élèves du programme d’enseignement de l’anglais ACCESS, lors du lancement d’une nouvelle bande dessinée produite par l’ambassade des États-Unis à Lomé. L’événement a été combiné à la première togolaise du nouveau film Black Panther.

Regarder Black Panther au Togo

L’ambassade des États-Unis au Togo a eu l’honneur de pouvoir projeter le film Black Panther dans une salle de cinéma de Lomé. Cette première a également été l’occasion parfaite pour le lancement d’une nouvelle bande dessinée de super héros créée par l’ambassade et un groupe de jeunes illustrateurs togolais.

À l’époque de diffusion en continu dans laquelle nous vivons, où les gens sont de plus en plus nombreux à regarder des films sur des tablettes ou même des smartphones, il est bon de se rappeler de temps à autre la puissance de l’expérience cinématographique en commun. Voilà ce à quoi je pensais quand j’ai assisté à la première togolaise du nouveau film Black Panther.

Black Panther est un film de super-héros à gros budget basé sur la bande dessinée de Marvel, qui raconte l’histoire de T’challa, roi du pays africain fictif et technologiquement avancé de Wakanda. Black Panther est un film hollywoodien important, populaire, plein d’action et avec des stars prestigieuses. Mais plus important encore, avec son intrigue africaine, sa conception de production basée sur divers thèmes culturels africains et ses acteurs presque exclusivement d’origine africaine, Black Panther est une tentative révolutionnaire de redéfinition de la manière dont l’Afrique et les Africains sont représentés sur le grand écran.

Cela n’a certainement pas échappé au public avec lequel j’ai assisté à la projection de Black Panther au Togo. T’challa est un nom courant au Togo et quelques personnes dans la foule plaisantaient en disant que la « Black Panther », la panthère noire, devait d’ailleurs être togolaise. D’autres se demandaient si l’armée du Wakanda, entièrement féminine, n’était pas inspirée des célèbres femmes guerrières du Bénin voisin. Par-dessus tout, les gens ont applaudi en voyant les traditions et les cultures africaines représentées de manière si positive.

En tant que responsable des Affaires publiques et culturelles de l’ambassade des États-Unis au Togo, je suis fier que ma section ait pu jouer un rôle dans la projection du film Black Panther au Togo. En collaboration avec Canal Olympia, la chaîne française responsable de la construction de cinémas en Afrique de l’Ouest et de l’ouverture en 2017 du seul cinéma du Togo, nous avons organisé un gala intitulé « Night of Heroes », la nuit des héros, qui a combiné à la fois la première de Black Panther et le lancement d’une nouvelle bande dessinée de super-héros appelée Scarf. Dans la bande dessinée, le héros, Scarf, se bat contre la traite des personnes.

Des élèves du programme d’enseignement de l’anglais ACCESS lisent avec enthousiasme la nouvelle bande dessinée produite par la section Affaires publiques et culturelles de l’ambassade des États-Unis à Lomé, lors de la première du film Black Panther au Togo, le 16 février.

La traite des personnes, crime impliquant l’exploitation d’enfants et d’adultes dans le travail forcé ou le trafic sexuel, est un grave problème au Togo et dans les pays voisins. Il prend de nombreuses formes au Togo, y compris le travail forcé des enfants dans le secteur agricole. À Lomé, les enfants sont forcés de travailler comme domestiques chez des particuliers et comme vendeurs sur le bord des routes ou sont exploités dans le commerce sexuel. Les trafiquants recrutent souvent des victimes dans les zones rurales du nord pour les exploiter dans les villes plus urbaines du sud. Des enfants sont recrutés au Bénin et au Ghana et transportés au Togo pour le travail forcé et le trafic sexuel. La bande dessinée fait partie des actions entreprises par l’ambassade pour sensibiliser les communautés vulnérables au problème. En mars, nous prévoyons de lancer une campagne de sensibilisation pour distribuer la bande dessinée dans ces communautés, de concert avec des séances d’information animées par des facilitateurs d’une ONG locale de lutte contre la traite et des représentants de la cellule de lutte contre la traite des personnes du gouvernement togolais.

La création de la bande dessinée et l’organisation du lancement sont le résultat d’un véritable travail d’équipe. Le service régional, basé à Paris, du bureau des Affaires africaines du département d’État a fourni le financement pour la conception et l’impression de la bande dessinée. La section politique de l’ambassade, qui est en charge du problème de la traite des personnes, a fourni des fonds pour l’organisation du lancement. Des partenaires locaux comme Canal Olympia et AGO Media ont fourni une aide inestimable.

À mesure que Black Panther passait de film très attendu à phénomène culturel, il était encourageant de voir que tant de gens se montraient enthousiastes face à ce projet. Lors de la première, les raisons d’un tel enthousiasme sont devenues claires. Le fait d’être dans ce cinéma bondé, au milieu d’une foule haletante, riant aux éclats et faisant une standing ovation à la fin du film, a été pour moi une expérience incroyablement émouvante et inspirante. Espérons qu’Hollywood continuera de faire des films qui défieront la manière dont l’Afrique est représentée sur le grand écran.

À propos de l’auteur : Michael Pryor est le responsable des Affaires publiques et culturelles à l’ambassade des États-Unis à Lomé, au Togo.

Note de la rédaction : Cet article est également disponible sur le blog Medium officiel en français du département d’Etat.

French translation of “Watching 'Black Panther' in Togo”.

Name

Michael Pryor

Contributor bio

Michael Pryor serves as a Public Affairs Officer at the U.S. Embassy in Lomé, Togo.