Partenariat avec la police somalienne pour le renforcement des capacités en matière de lutte contre le terrorisme

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Ambulances carry wounded victims past the scene of a truck bomb blast in Mogadishu, Somalia.
Ambulances emportant des blessés à proximité du lieu de l’explosion d’un camion piégé à Mogadiscio (Somalie)

Partenariat avec la police somalienne pour le renforcement des capacités en matière de lutte contre le terrorisme

Dans l’après-midi du 14 octobre 2017, deux bombes ont explosé dans le centre-ville de Mogadiscio. La première, et la plus grosse des deux bombes, un engin explosif improvisé déposé dans un véhicule, a tué et blessé des centaines de personnes, anéanti deux pâtés de maisons, causé l’effondrement de bâtiments alentours et laissé un cratère énorme à proximité de l’un des plus grands carrefours de la ville. Au moins 400 personnes ont perdu la vie, dont des ressortissants américains, et le bilan risque de s’alourdir alors que d’autres victimes succombent à leurs blessures graves.

La première explosion, l’attentat à la bombe le plus meurtrier de toute l’histoire de la Somalie, « est notre 11 septembre », explique le général Bashir Abdi Mohamed, Chef adjoint de la force de police somalienne. Dans un discours adressé aux représentants du bureau de Lutte contre le terrorisme du département d’État, à Philadelphie, le 22 octobre lors du congrès annuel de l’Association internationale des chefs de police, il explique que : « tous les Somaliens ont été touchés ». Les habitants en deuil du pays tout entier ont fait don de nourriture, de médicaments et d’autres articles aux victimes et à leurs familles. Des Somaliens de tous horizons se sont mobilisés pour montrer leur indignation face aux auteurs des attentats, en participant à sept journées continues de manifestation. Non seulement, les Somaliens sont unis dans leur condamnation des tueries mais la barbarie des attaques semble également avoir déstabilisé les sympathisants d’un temps des shebabs, certains d’entre eux se tournant vers les forces de l’ordre pour leur donner des informations sur l’organisation.

Agents de police somaliens sur les lieux du crime pour l’enquête (Photo du département d’État)

Un des éléments qui contribue à l’inversement de la tendance en Somalie dans la lutte contre le terrorisme est une unité d’élite de la police somalienne arrivée sur les lieux dans les minutes qui ont suivi la première explosion. Une équipe d’enquête mixte a délimité la zone et commencé à recueillir des pièces à conviction et à obtenir les témoignages des survivants sur les lieux et dans les hôpitaux. Lorsque la deuxième explosion, également un véhicule piégé, s’est produite quelques instants plus tard, une autre équipe d’enquête mixte est immédiatement intervenue sur les lieux pour mener l’enquête.

Ces équipes ont été mises sur pied en 2014 avec l’aide du département d’État. Depuis lors, elles sont intervenues dans le cadre de plus de 250 incidents majeurs, recueillant et analysant de manière systématique les pièces à conviction utilisées pour identifier les auteurs terroristes et leur réseau et les porter devant la justice. Elles se sont rendues sur les lieux de l’attentat à la bombe à l’encontre du vol 159 de Daallo Airlines de février 2016 pour y mener l’enquête : des terroristes avaient abattu l’avion à l’aide d’un ordinateur portable piégé. Le travail de cette équipe a facilité la soumission de preuves au parquet et des témoignages devant les tribunaux qui ont mené à plusieurs condamnations. L’enquête qu’elle a menée sur l’attentat de novembre 2016 dans le « petit Liberia » de Mogadiscio s’est soldée par la condamnation de trois personnes impliquées dans l’attaque. Le coût de ces réussites est cependant élevé. À ce jour, trois membres de ces équipes ont été tués et quatre agents ont été blessés dans l’exercice de leurs fonctions.

Les équipes d’enquête mixtes constituent la première unité des forces de police somaliennes à s’acquitter d’une mission spécialisée, en l’occurrence, l’intervention et l’enquête dans le cadre d’attentats terroristes. Au lieu de considérer les attentats à la bombe ou toute autre attaque comme « des affaires classées » lorsque leurs auteurs meurent, comme ce fut le cas par le passé, elles utilisent les compétences acquises au cours de plusieurs années de formation et de mentorat pour monter de manière méticuleuse un dossier contre les personnes impliquées dans la planification et la facilitation des attentats.

De par leur dur labeur et leur dévouement, ces équipes d’enquête mixtes changent la manière dont le public voit la police. Le général Bashir explique que leur travail n’est qu’un début. Bien qu’il soit important d’intervenir face aux attentats, il souhaite que la police somalienne devienne de plus en plus volontariste et capable de détecter les complots et de les empêcher de se réaliser. Il souhaite également améliorer la capacité de la police somalienne à communiquer et à échanger avec la population somalienne. « Nous attendons beaucoup de la police somalienne. Nous devons désormais combler l’écart entre nos attentes et notre performance. » Lors du congrès de l’Association internationale des chefs de police, le général Bashir a abordé les projets de renforcement des capacités de la police avec les représentants du département d’État et échangé des idées avec ses homologues des forces de police de tous les États-Unis et du monde entier. Le soutien du département d’État envoie un message clair : « vous n’êtes pas seuls ».

À propos de l’auteur : Sam Pineda est directeur du service en charge des programmes au sein du bureau de Lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent du département d’État des États-Unis.

French translation of “Partnering with Somalia’s Police to Build Counterterrorism Capacity”.

Cet article est également disponible sur le blog Medium officiel en français du département d’Etat

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.