Aller au-delà de l’aide alimentaire d’urgence

Translated:
6 minutes read time
A small boy stands in front of a wooden cart carrying bags with the U.S. flag on them. The setting is a dusty road in a rural community in Ethiopia.
Les familles touchées par la sécheresse de 2017 obtiennent leurs rations mensuelles de nourriture dans la région somalienne en Éthiopie.

Aller au-delà de l’aide alimentaire d’urgence

Cette année, nous sommes confrontés à des niveaux sans précédent d’insécurité alimentaire dans le monde. Le Soudan du Sud, la Somalie, le Nigeria et le Yémen sont tous confrontés à une vraie menace de famine.

Mais les récentes catastrophes naturelles aux États-Unis m’ont rappelé que des crises pouvaient survenir dans n’importe quel endroit et à n’importe quel moment. Où qu’elles se produisent, les gens ont besoin d’aide pour survivre et se remettre sur pied.

C’est pourquoi, au bureau Food for Peace de l’USAID, nous sauvons des vies, mais nous nous concentrons également sur la manière de fournir aux personnes les connaissances et les outils nécessaires pour se nourrir, afin que nous puissions réduire leur besoin futur en aide alimentaire.

USAID worker kneels while speaking to a mother in traditional dress, holding her small child.

Le Directeur par intérim de Food for Peace de l’USAID, Matt Nims, en visite au centre de santé du camp ZamZam au Darfour, Soudan, pour y rencontrer des femmes et des enfants bénéficiant de l’assistance WASH (Water, Sanitation and Hygiene) et d’une assistance nutritionnelle de l’USAID.

J’ai récemment voyagé au Soudan, au Soudan du Sud et en Éthiopie, et j’ai vu les deux facettes de notre travail en action.

En Éthiopie, nous avons travaillé pour autonomiser les familles et les communautés afin de mieux résister aux catastrophes naturelles. Par exemple, nous avons appris aux agriculteurs à construire des terrasses pour prévenir l’érosion et récolter l’eau de pluie, et nous leur avons enseigné des techniques telles que le paillage de leur terre pour leur permettre d’améliorer le sol et protéger la terre de la chaleur.

En partenariat avec le Gouvernement éthiopien, d’autres donateurs, et les communautés elles‑mêmes, ces mesures, et bien d’autres, ont fait une différence notable.

An African man and woman kneel next to a box of grain, behind them are large white bags of grain, one man is lifting a bag.

Personnel du PAM, le Programme alimentaire mondial, distribuant du maïs cultivé par les agriculteurs éthiopiens à d’autres Éthiopiens dans le besoin au cours de la sécheresse causée par El Niño en 2016.

L’année dernière, lorsque l’Éthiopie a souffert d’une sécheresse provoquée par El Niño, nous avons constaté que les ménages des communautés qui avaient bénéficié de programmes complets de résilience n’avaient enregistré qu’une faible baisse de leur sécurité alimentaire (4 %) par rapport aux autres ménages (30 %).

Certains Éthiopiens ont même été en mesure d’aider leurs voisins qui n’avaient pas de quoi manger.

En utilisant les techniques enseignées par l’USAID, un certain nombre d’agriculteurs éthiopiens ont suffisamment augmenté leurs récoltes pour vendre leur maïs au Programme alimentaire mondial des Nations unies. L’USAID a ensuite accordé des fonds au Programme alimentaire mondial pour acheter et distribuer cette nourriture aux familles qui en ont besoin dans les régions touchées par la sécheresse en Éthiopie.

Ainsi, même si nous fournissons une aide alimentaire d’urgence dans certaines régions d’Éthiopie, dans d’autres, les agriculteurs s’entraident en périodes difficiles.

Ces exemples montrent que lorsque les conditions sont favorables, nous pouvons aller au-delà de l’aide humanitaire et avoir un impact positif à long terme.

Mais la réalité est que ce n’est pas faisable partout.

USAID officer stands behind a group of small South Sudanese children, around them are wood huts with clothes line between them.

Le directeur par intérim de Food for Peace de l’USAID, Matt Nims, visite un site financé par l’USAID au Soudan du Sud qui fournit une aide alimentaire d’urgence aux personnes susceptibles d’être victimes de famine potentiellement fatale.

Nous sommes agiles là où nous pouvons l’être, et sommes des leaders en ce sens.

À Madagascar, l’année dernière, par exemple, les partenaires de développement de Food for Peace avaient déjà des denrées alimentaires dans le pays, ce qui leur a permis de les redistribuer en aide d’urgence au début de la saison de la famine ­– cette période de l’année où les cultures ont déjà été plantées mais ne sont pas encore prêtes à être récoltées — et ainsi atténuer les pires impacts d’El Niño. Ce faisant, nos partenaires ont empêché et traité des niveaux élevés de malnutrition chez les jeunes enfants et les femmes.

De même, après l’ouragan Matthew en Haïti, notre partenaire de développement a pu se mobiliser rapidement et fournir des repas chauds aux familles dévastées par l’ouragan.

Nos actions dans des régions comme le Sahel et le nord du Kenya aident les familles qui subissent la pauvreté de manière chronique à faire face à des crises récurrentes comme la sécheresse. Par exemple, nous utilisons des approches basées sur le marché comme les transferts monétaires pour l’alimentation afin que les communautés soutiennent les entreprises locales, tout en facilitant leur accès à la nourriture et ainsi les aider à se rétablir.

Food for Peace est un programme unique de l’USAID, qui permet non seulement de sauver des vies, mais aussi de veiller à ce que les familles et les communautés disposent des compétences et des outils nécessaires pour résister aux sécheresses et autres crises susceptibles de les empêcher d’obtenir suffisamment de nourriture.

Notre capacité à passer du développement à l’aide d’urgence en temps de crise nous permet de rechercher des solutions créatives pour aider les communautés à se rétablir plus rapidement.

Nous savons que l’aide d’urgence n’est pas une solution à long terme. Comme l’a souvent fait remarquer l’administrateur de l’USAID, Mark Green, « je crois que le but de l’aide étrangère devrait être de mettre fin à son besoin d’exister ». Et je crois que c’est en notre pouvoir.

À propos de l’auteur : Matt Nims est directeur par intérim du Bureau de Food for Peace de l’USAID. Suivez-le sur @Director_FFP.

French translation of “Going Beyond Emergency Food Assistance”. Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.

Cet article est également disponible sur le blog Medium officiel en français du département d’Etat.