Trouver des fonds pour les réfugiés : aider ceux qui en ont le plus besoin

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Syrian primary school children attending catch-up learning classes in Lebanon.
Écoliers syriens d’une école primaire, pendant les cours de rattrapage, au Liban.

Trouver des fonds pour les réfugiés : aider ceux qui en ont le plus besoin

Il est impossible d’être insensible aux images des réfugiés que nous voyons dans les journaux ou à la télévision, en même temps que nous parviennent les statistiques. Il y a plus de 20 millions de réfugiés disséminés à travers le monde et plus de 40 millions de personnes déplacées dans le monde entier. Avant de rejoindre l’agence pour le développement financier du Bureau pour les politiques économiques (Economic Bureau, EB), je lisais ces articles et j’étais submergée par l’ampleur de la crise. Pourtant, l’année dernière, j’ai eu l’opportunité de faire un travail qui m’a non seulement amenée à rencontrer ces réfugiés qui font les gros titres, mais qui m’a aussi permis de prendre des mesures concrètes pour améliorer leur vie.

File d’attente de réfugiés sud-soudanais pour recevoir un déjeuner de purée de maïs et de haricots, au centre d’accueil Imvepi.

Bien que le public américain soit conscient des conflits en Syrie, en Iraq et en Afghanistan, il existe également des personnes déplacées suite aux luttes en cours dans de nombreuses autres parties du monde. Beaucoup de ces conflits durent depuis des décennies, ce qui rend de moins en moins probable la possibilité pour les réfugiés de rentrer chez eux. Le réfugié typique reste exilé pendant une durée moyenne de 10 ans et le retour volontaire des réfugiés atteint un seuil de 30 ans. Même si les 7 milliards de dollars que les États-Unis ont consacrés à l’aide humanitaire au cours de l’exercice fiscal 2016 ont contribué à fournir de la nourriture, des abris et autres secours d’urgence, les réfugiés à long terme ont également besoin d’accès aux écoles, aux emplois et aux services sociaux à plus long terme. C’est là que l’expertise du EB entre en jeu.

En étroite collaboration avec d’autres bureaux du département d’État, du département du Trésor, de l’USAID et de la Banque mondiale, j’ai aidé à concevoir et à lancer une nouvelle plateforme de financement qui permettrait aux pays à revenu intermédiaire d’accueillir un grand nombre de réfugiés et d’accéder à un financement moins coûteux pour des projets de développement. Les donateurs du monde entier peuvent canaliser l’aide par l’entremise d’un fonds d’affectation spéciale de la Banque mondiale. Les pays à revenu intermédiaire peuvent alors emprunter de l’argent au fonds, avec un taux d’intérêt dans les faits réduit pour les projets d’éducation, de soins de santé et de création d’emplois pour les communautés d’accueil et les réfugiés. J’ai voyagé à Paris, Amman, Djeddah et au-delà pour m’adresser aux pays donateurs et bénéficiaires et les convaincre qu’avec la structure et le soutien appropriés, ce nouveau fonds pourrait devenir un outil important pour soutenir les réfugiés et les pays qui les accueillent.

L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Mme Nikki Haley, parle avec des enfants réfugiés syriens à l’école Sakirpasa Umran.

Pendant que je travaillais au Moyen-Orient avec le Trésor et l’équipe de négociateurs sur la structuration du fonds, des collègues d’autres bureaux du département d’État et de différentes agences gouvernementales des États-Unis ont travaillé en coulisses pour renforcer le soutien international des donateurs. Ils ont fourni des conseils d’experts cruciaux pour l’équipe de négociation et ont travaillé avec les gouvernements de la Jordanie et du Liban pour s’assurer que le fonds les aiderait à répondre à leurs besoins urgents pour faire face au flot de réfugiés syriens.

Grâce à une diplomatie diligente, mes collègues du département d’État et de l’USAID (l’Agence des États-Unis pour le développement international) ont identifié des fonds pour une contribution initiale des États-Unis à hauteur de 25 millions de dollars pour soutenir des projets en Jordanie. En avril 2016, le sous-secrétaire a annoncé l’engagement des États-Unis lors d’une conférence des donateurs à l’échelon ministériel. En juillet, je me suis rendue à Beyrouth pour la première réunion du comité de pilotage de ce qui deviendrait bientôt la Facilité de financement concessionnel de la Banque mondiale. Pendant mon séjour à Beyrouth, j’ai pu rencontrer certains des réfugiés que nous espérons aider, faciles à trouver dans les rues de la capitale libanaise. Lors du sommet des dirigeants sur les réfugiés aux Nations unies de septembre 2016, les dirigeants du monde entier ont estimé que l’annonce du président de la Banque mondiale sur la Facilité de financement concessionnel constituait le nouvel instrument de l’arsenal de la Banque mondiale pour aider les réfugiés du monde entier.

L’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, Mme Nikki Haley pose auprès d’enfants réfugiés syriens à l’école Sakirpasa Umran, financée par le gouvernement américain.

Depuis son lancement, le fonds a approuvé le financement escompté à hauteur de 900 millions de dollars pour des projets de développement. Ces projets aideront la Jordanie et le Liban à améliorer les infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement, de construire des routes en zones rurales, de mettre en œuvre des réformes relatives au marché du travail et au climat d’investissement et d’améliorer la livraison d’électricité aux réfugiés et aux communautés d’accueil.

Le Bureau pour les politiques économiques du département d’État a joué un rôle de chef de file en s’imposant comme le « courtier honnête » qui a convoqué des acteurs au sein du département et entre les agences, pour travailler ensemble de manière transparente et coopérative. Même si notre agence n’a pas contrôlé le financement, nous avons déjà eu l’opportunité de travailler avec des fonds d’affectation spéciaux et de traduire les préoccupations de la Banque mondiale et du Trésor en des termes compréhensibles par d’autres bureaux afin qu’ils puissent agir. En menant un processus où tout le monde est impliqué, le département d’État a réussi à créer ce nouveau fonds, qui aura un impact réel sur les communautés de réfugiés et les pays hôtes.

A propos de l’auteur : Daniela Ballard est directrice adjointe de l’agence pour le développement financier du Bureau pour les politiques économiques.

Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.